Vous avez peut-être déjà lu quelques lignes sur la page d'accueil. Ici, je prends le temps de raconter le chemin complet : d'où je viens, ce que la vie m'a appris, et pourquoi tout cela m'a menée à fonder Épanovia.
Le parcours ne suit pas une trajectoire unique : il traverse plusieurs domaines, tous reliés par le même élan.
Pratique artistique au collège puis au lycée, aux Beaux-Arts de Bayonne.
Diplômée à Paris (niveau 6 reconnu par l'État, obtenu avec mention bien) en architecture d'intérieur et scénographie théâtrale et cinématographique.
Architecte d'intérieur sur la Côte d'Azur, et scénographe.
Pratique professionnelle, projets, concours et expositions.
Chargée de communication, puis chargée de projets.
Conseillère de vente puis responsable « Beaux-arts » pour un groupe de 5 magasins ; membre d'une commission nationale de sélection de produits artistiques.
Ateliers artistiques auprès d'enfants, d'adolescents, d'adultes, de publics en difficulté, en IME, en centres sociaux et lors d'événements publics.
Vu de l'extérieur, ces expériences pouvaient sembler éloignées les unes des autres. Elles m'ont pourtant donné, ensemble, une compréhension fine des relations humaines, une capacité pédagogique, une rigueur méthodologique et une vision concrète du travail collectif.
Nos choix sont souvent la somme de ce que nous sommes, de notre histoire, de notre parcours. Vous est-il déjà arrivé, comme moi, de prendre du recul sur votre chemin et de vous demander : quel est le fil qui relie tout cela ?
Pendant longtemps, j'ai eu l'impression que le mien partait dans tous les sens, même si chacun de mes choix était guidé par mes convictions : pratique artistique, design d'espace, scénographie, communication, gestion de projets, univers des beaux-arts, transmission auprès de publics très différents… parfois même plusieurs activités en parallèle.
Vu de l'extérieur, ces expériences pouvaient sembler éloignées les unes des autres. Avec le recul, je sais aujourd'hui que dans chacune de ces expériences, j'y ai retrouvé une partie de moi-même : cette envie d'apprendre, de comprendre… et de transmettre.
Avant même de chercher à produire, à créer ou à diriger un projet, je cherche à observer, relier et comprendre ce qui se joue derrière les choses : comprendre les lieux, comprendre les gens, comprendre les situations, comprendre ce qui relie les éléments entre eux.
Ce fonctionnement n'est pas seulement intellectuel. Il est sensoriel, intuitif et analytique à la fois. J'observe beaucoup, j'analyse ensuite, puis je cherche à extraire l'essentiel d'une situation.
Très jeune, j'ai développé une sensibilité particulière à ce qui se joue dans les espaces, les relations, les comportements, les situations humaines.
Cette sensibilité s'est manifestée dans mon orientation d'études supérieures vers le design d'espace : apprendre à penser un lieu non pas comme une somme d'objets, mais comme un ensemble de relations entre des éléments.
Cette manière d'observer et de relier, je la dois aussi à une particularité que j'ai longtemps vécue comme un inconvénient : je suis dyslexique. Pendant longtemps, cela a surtout représenté des phrases relues dix fois, une fatigue que peu de personnes imaginent, et le sentiment de devoir fournir davantage d'efforts pour un même résultat.
Avec le temps, j'ai appris à regarder cela autrement. Je ne dirai jamais que la dyslexie est une chance : elle demande une énergie constante. Mais je crois qu'en la réduisant à ses difficultés, on passe à côté d'une partie de l'histoire : une pensée très visuelle, une facilité à percevoir une situation dans son ensemble, une capacité à relier des idées qui semblent éloignées. Je retrouve beaucoup de cela dans mon parcours et dans ma manière de travailler aujourd'hui, et j'en suis fière.
Cette façon différente d'appréhender le monde est devenue l'un des fondements d'Épanovia : observer autrement, relier ce qui semble dispersé, faire émerger du sens. Je raconte cela plus en détail sur le blog →
« Un problème n'est presque jamais uniquement situé à un endroit précis. Il existe toujours un contexte, un ensemble de relations, un système de perceptions.
Souvent, le changement ne vient pas d'une solution technique : il vient d'un changement de regard. »
Magali Savary
Cette manière de regarder le monde qui m'accompagne depuis longtemps, est devenue particulièrement consciente à une période marquée par une épreuve personnelle profonde : la perte de mon père, alors que je commençais tout juste mon travail d'artiste professionnelle.
Là, une réflexion s'est ouverte en moi : je cherchais à comprendre la vie. Ce qui nous rend vivants. Ce qui fait la singularité de chacun. La fragilité et la valeur de l'existence.
Plutôt que de refermer ces interrogations, je les ai laissées ouvertes, et j'ai cherché à les explorer certainement poussée par mon esprit scientifique (Bac S) hérité de mon père. Cette recherche de sens est devenue, peu à peu, un moteur intérieur.
Peu à peu, mes recherches personnelles et ma pratique artistique se sont rejointes. Créer n'était plus seulement produire une œuvre : créer devenait une manière de regarder le monde.
À force d'approfondir ce travail, j'ai compris que le sujet seul ne suffit pas : le contexte compte tout autant. Le processus de création aussi. L'outil également. Et au-delà de l'outil, j'ai compris une chose essentielle :
« L'artiste, dans tout son être, est à la fois le premier outil, sujet et support de sa création. »
Ma curiosité ne s'arrête pas aux arts plastiques classiques. Je me suis formée au filage de verre au chalumeau, avec du verre de Murano, une pratique que je continue aujourd'hui, pour moi, simplement parce que ce domaine m'intéresse : je voulais connaître la matière du verre, comprendre comment elle réagit à la chaleur, au geste, au temps.
C'est une des questions qui traverse tout mon parcours : qu'est-ce qu'une matière nous apprend, quand on prend le temps de l'écouter ? Le design d'espace m'a appris à lire des relations invisibles entre les éléments d'un lieu. La peinture, le dessin, la fresque murale ou le verre m'offrent chacun d'autres enseignements à leur façon.
Parce que cette quête de compréhension ne s'arrête jamais, j'ai aussi suivi une certification en art-thérapie, ainsi qu'une formation en nature thérapie et éco-somatique. Elles nourrissent ma compréhension du corps, des sensations, des perceptions, de la nature et de nos rapports entre tous les éléments : elles élargissent mon regard de praticienne.
Un autre trait me caractérise : ma capacité à faire dialoguer des univers qui semblent éloignés : art et réflexion, créativité et méthodologie, sensibilité et rigueur scientifique, observation artistique et situations humaines. Relier le sensible, le concret et le conceptuel constitue l'une de mes forces principales.
Lorsque j'ai dû me réinventer professionnellement, une évidence s'est imposée : toutes ces expériences que je croyais dispersées formaient en réalité un ensemble cohérent. Toutes convergeaient vers une même idée : aider les personnes à développer leur manière d'observer, de percevoir les situations et à créer. Je suis convaincue que la nature et la force de l'humain sont d'être un être sensible (autant dans ses émotions que ses perceptions) et créatif.
C'est de cette convergence qu'est née Épanovia : un espace où la pratique artistique n'est pas une finalité esthétique, mais un moyen d'entraîner quelque chose de fondamental en chacun, se reconnecter à soi-même et à ses ressources naturelles.
Je ne cherche pas à apporter des solutions toutes faites. Je cherche plutôt à créer des conditions où chacun peut voir autrement ce qui est déjà là.
« Très souvent, ce qui transforme une situation, un projet ou une équipe… ce n'est pas seulement une solution.
C'est un nouveau regard. »
Magali Savary, fondatrice d'Épanovia