Créer une entreprise, c'est aussi découvrir des compétences qu'on n'avait jamais prévu d'avoir… comme monter des murs un mardi matin.

En ce moment, je suis en plein travaux pour le cabinet de création Épanovia, qui ouvrira en novembre 2026.

Je pars presque d'une page blanche : un espace d'environ 30 m² que je restructure entièrement.
Je cloisonne, je mesure, j'ajuste, je recommence.
Je pense les espaces… et je les construis en même temps.
L'objectif est clair sur le papier :

  • une zone de stockage
  • un espace pour les séances
  • un point d'eau
  • une entrée comme une petite « salle d'attente »
  • et une circulation fluide entre chaque espace

Mais dans la réalité, ça demande surtout… d'accepter d'apprendre, de se tromper puis recommencer et de reconnaître les limites physiques de son corps.

Aujourd'hui les murs sont presque terminés.
Et à ce moment-là, quelque chose bascule.

Je ne fais plus qu'imaginer le lieu.
Je commence à le ressentir.
Je marche dans l'espace, je m'arrête, j'observe.
Les volumes prennent leur place.
La lumière ne tombe plus de la même manière.
Les sons changent.
Même l'air semble différent, plus dense par endroits, plus chaud ailleurs.

C'est subtil… mais bien présent.
Le projet devient vivant.

Au-delà des transformations visibles, ce travail change aussi des choses en moi.

Le travail manuel crée une vraie rupture avec le mental.
À force de gestes répétés, je sens que quelque chose se calme.
Le corps s'engage… et le mental lâche un peu.
Presque comme un état méditatif, sans l'avoir cherché.
Et c'est souvent là qu'une idée arrive, une solution devient évidente, un lien se fait différemment.
Comme si, en faisant, je comprenais autrement.

C'est exactement ce que je veux proposer avec Épanovia :
Revenir à la perception.
Passer par le corps, par le geste, par la matière,
pour clarifier ce qui se joue à l'intérieur.
Parce que ce qui n'est pas clair en soi ne peut pas être juste dans ce que l'on construit.

Ce projet me demande de tout porter : l'administratif, la communication dont le site web, la conception, et actuellement… les travaux.

Mon métier de formation c'est la conception d'espaces, mais pas de porter 60 plaques de béton cellulaire de 15 kg !
Parfois, c'est inconfortable, mais c'est aussi une implication totale.
Une façon de vivre chaque étape de l'intérieur et de développer des ressources que je n'aurais jamais mobilisées autrement.

Tout réaliser dans un projet implique d'être un « couteau suisse » et …
Oui, ça prend du temps.
Oui, ça avance à petits pas.
Oui, c'est parfois frustrant.

Mais c'est aussi profondément formateur.

Parce qu'au fond, construire un lieu comme Épanovia,
ce n'est pas seulement créer un espace.
C'est se construire en même temps.

Et vous, dans vos projets : êtes-vous prêt(e) à apprendre ce que vous ne maîtrisez pas encore, quitte à supporter le ralentissement … ou préférez-vous avancer plus vite avec ce que vous savez déjà faire ?